Nostalgie de la lumière

Patricio Guzmán, Nostalgie de la lumière, 2010, film couleur, son, 90 min, Atacama Productions-Blinder Filmproduktion-Westdeutscher Rundfunk, Chili-Espagne-France-Allemagne-E.U.
(Cletawoman, Nostalgia de la luz - Patricio Guzmán - Extracto 1 [vidéo en ligne]. Youtube, 22/05/2010 [consulté le 02/08/2018]. 1 vidéo, 2 min. https://www.youtube.com/watch?v=gSbg1S3O7xM&list=PLHtfzAUmQM8cOBqyEgTnRSwk0smSan8Kf&index=1)

« - Le métier nous fait presque une obligation de courir le monde au loin: le mineur, on dirait qu’il y a un feu souterrain qui le pousse toujours plus loin. Une montagne l’expédie à une autre. Jamais il n’en aura fini de voir ce qu’il y a à voir, et tout au long de son existence il lui reste à en apprendre sur la prodigieuse architecture qui a si singulièrement fondé et étagé les profondeurs du sol sur lequel nous avons les pieds. C’est un art sans âge que le nôtre et qui s’est répandu très loin. Il peut fort bien, tout comme notre race elle-même, avoir cheminé avec le soleil de l’Orient à l’Occident, et du centre vers les extrémités. Il a eu partout à se colleter avec des difficultés nouvelles et différentes, et comme de tous temps l’obstacle et le besoin ont poussé l’esprit humain aux inventions expertes, le mineur peut donc partout augmenter son bagage de savoir et d’habileté efficace, et ainsi enrichir sa patrie de pratiques avantageuse.
- Vous êtes presque des astrologues à rebours, dit l’ermite. Eux n’examinent strictement que le ciel et parcourent des yeux l’immensité des espaces, et vous tournez les vôtres uniquement au sol et scrutez sa structure. Leur étude porte sur l’influence et la force des astres, la vôtre sur la force contenue dans les rochers et les montagnes, et les divers effets des stratifications du roc et de la glaise. Peur eux le ciel est le livre de l’avenir; pour vous la terre est le monument qui porte témoignage de la nuit des temps. »

Novalis, Henri d'Ofterdingen: Un Roman, traduit de l’allemand par Armel Guerne, Postface de Tieck, coll. L’Imaginaire, Gallimard, Paris, 2011 [1802], p. 118.

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