L'Infini, l'univers et les mondes

Anonyme, Gravure sur bois de Flammarion (Gravure au pélerin), gravure sur bois
(Crédit image : Camille Flammarion, L'Atmosphère: Météorologie populaire, Hachette, Paris, 1888, p. 163, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k408619m/f168.item.r=Camille+Flammarion.langFR, consulté le 12 septembre 2018)

Peu connu du grand public à l'inverse de Copernic, Galilée et Newton, Giordano Bruno est une figure importante par ses écrits mais aussi par son histoire. Ce prêtre a été le premier a formuler l’hypothèse selon laquelle le ciel n'est pas un environnement clos. Il déclare au XVIe siècle que nous sommes dans un espace infini, l’univers. Selon lui il existe des centaines de milliers de soleils tels que le nôtre, et la vie existe sur d’autres planètes. L’Église s’inscrit alors en faux.

Il ouvre la voie à tous les scientifiques qui le succéderont par la remise en question du géocentrisme et de la cosmologie.

Écrit sous la forme d’un monologue et de dialogues ce livre témoigne de la vivacité d’esprit et de la fougue d’un grand penseur. Cet « hérétique de la raison » fut excommunié par les catholiques, les calvinistes et les luthériens. Livré à l’Inquisition il sera brûlé publiquement après huit années d’emprisonnement à Rome.

De la Terre à la Lune1

« Grâce à la science, elle défait les chaînes qui nous lient à ce royaume exigu et nous élève à la liberté d'un royaume véritablement vaste, qui nous délivre de cette étroitesse et de cette pauvreté imaginaire et nous offre les innombrables richesses d'un espace si grand, d'un champ les plus dignes, de tant de mondes des plus cultivés2. »

« L'infini ne peut être l'objet des sens [...] C'est à l'intelligence qu'il appartient de juger et de rendre compte des choses absentes, que le temps et l'espace éloignent de nous. Et en cela les sens nous suffisent à témoigner de ces choses, parce qu'ils ne sont pas capables de nous contredire et que en outre ils affichent et confessent leur imbécillité et leur insuffisance en bornant, leur horizon ; et de par la finitude de leur perception on voit combien ils peuvent être changeant3. »

1 Jules Verne, De la Terre à la Lune,Livre de poche, Paris, 2001 [1865].
2 Giordano Bruno, L'Infini, l'univers et les mondes, traduit de l'italien, présenté et annoté par Bertrand Levergeois, Berg International, Paris, 2006 [1594], p. 54.
3 Ibid., p. 58.

Patrice Gélinet, « Giordano Bruno », 2000 ans d'histoire, France Inter, 2 mars 2007, https://www.youtube.com/watch?v=1ZwjYUAwbHI, consulté le 15 août 2018.

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